Pratiques culturales
Vous dire que nous cultivons bio serait vous mentir ! Bien que l’utilisation de produits naturels nous semble incontournable, la situation géographique du vignoble champenois limite la pratique d’une lutte biologique totale.
Seuls 200 ha sur 34 000 de la surface plantée sont entièrement cultivés en méthode bio et donc déclarée BIO.
Cela ne représente qu’une quarantaine d’exploitations.
Pour le Champagne Claude MICHEZ, l’idée est avant tout de garantir un rendement minimum, pour maintenir la pérennité de ses cuvées, de ses prix, et donc, de sa clientèle en alliant les méthodes de luttes biologique et raisonnée.
Car même si les médias ne parlent que des produits Bio, issus de la culture biologique, je tiens à rappeler que le cuivre fait partie des métaux lourds, rendant les sols stériles s’il est utilisé à forte dose .
Alors, prudence !
Depuis 15 ans, le Champagne Claude MICHEZ s’est engagé dans une nouvelle voie, la politique de réflexion.
Réfléchir avant d’intervenir !
Mesurer l’impact environnemental avant de protéger la vigne et donc les grappes de raisins. S’engager dans une culture raisonnée.
Raisonner l’emploi des produits phytosanitaires avant toute pulvérisation dans la parcelle. Essayer de limiter le nombre d’interventions.
Rechercher des solutions écologiques afin de supprimer l’utilisation des produits les plus toxiques !
Voici donc la progression et la mise en application de notre démarche :
Nous avons commencé par réintroduire un ami de la vigne considéré comme un auxiliaire, le typhlodrome. Acarien mangeur d’acariens nuisibles pour la vigne, il a permis l’arrêt complet de l’utilisation des acaricides.
Nous nous sommes ensuite penchés sur le cas de 2 autres nuisibles, la cochylis et l’eudémis, des insectes en partie responsables de la pourriture grise.
Fût alors mise en place sur presque l’intégralité du coteau la confusion sexuelle, méthode de lutte biologique consistant à éviter la propagation des vers de la grappe.
Cette forme de lutte a été mise en place et organisée grâce au dévouement d’une poignée de viticulteurs originaire du village.
Leur volonté était de véhiculer l’image d’une viticulture responsable.
Boursault fût alors à l’époque l’un des villages précurseurs.
Cette pratique a permis de stopper l’emploi total d’insecticides sur le domaine.
Pour lutter contre les phénomènes d’érosions, j’ai décidé, en concertation avec un technicien agronome, d’engazonner les rangs de vigne ainsi que les contours de parcelles avec différentes espèces de graminées.
Cette initiative a permis également de réduire de plus de 50% l’utilisation d’herbicides.
Enfin, pour lutter contre les maladies d’origine cryptogamique, nous utilisons des produits bio comme le soufre et la bouillie bordelaise.
Mais ces produits ont une limite d’action en fonction des conditions climatiques.
C’est pourquoi le recours aux produits de synthèse est une pratique nécessaire pour assurer la qualité de la vendange.
« Traiter juste et bien ! » pourrait donc être notre devise.
Pour laisser à nos enfants, l’image de parents respectueux d’une terre généreuse, une terre bénie des dieux !
Tel est notre choix, notre but ultime.
Index :
Cochylis et eudémis : vers de la grappe
Produits phytosanitaires : Acaricides, Insecticides, Herbicides et Fongicides



